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« Trois saisons extraordinaires avec Paris » – Entretien avec Philippe Gimbert

L’ancien pilier droit, membre du trio des « Rapetous » qu’il formait avec Vincent Moscato et Serge Simon à Bègles en 1991, est resté un supporter acharné du Stade Français Paris. Entretien avec Philippe Gimbert.

Vous avez arrêté votre carrière de joueur en 2001 à Bègles-Bordeaux…

Oui. Après mon départ de Paris en 1999, j’ai poursuivi deux saisons à Bègles-Bordeaux, jusqu’en 2001. Et j’ai enchaîné par deux saisons comme co-entraîneur là-bas avec Christian Martinez puis Christophe Reigt (2001-2003). Parallèlement, j’avais des commerces. Ensuite, j’ai arrêté un long moment jusqu’à reprendre le RC Bassin d’Arcachon entre 2015 et 2020. Puis j’ai passé une période de 6 ans à l’éducation nationale en tant que responsable d’internat et je suis à la retraite depuis le 1er septembre.

Dans quel contexte avez-vous rejoint le Stade Français en 1996 en provenance de Dax ?

Parce que Vincent (Moscato) rejoignait Paris, parce que Serge (Simon) rejoignait Paris et parce que Bernard (Laporte) était là. Il a été le fédérateur de tout. Une nouvelle histoire commençait avec Max (Guazzini). Et nous (avec Vincent Moscato et Serge Simon) on a toujours été dans des histoires un peu atypiques…

Avez-vous hésité au moment de vous lancer dans l’aventure parisienne ?

Oui… Mais le fait de retrouver Bernard, Vincent et Serge a facilité la décision. Et la suite a montré qu’on avait eu raison. On arrive en juillet 1996 en groupe A2 et un an plus tard, on monte en Groupe A1. Et un an après, nous soulevons le Brennus au Stade de France devant 80.000 personnes ! Je me souviens notamment que cette saison-là (1997-1998), quand on monte de groupe A2, dès la 1ere journée de la saison, on gagne à Castres sur un exploit de « Domi » (Christophe Dominici). C’est fou parce que tant humainement et sportivement l’amalgame s’est fait de suite.

Il y avait du beau monde…

Cet été-là (1997), i y a eu de nombreuses arrivées. « Domi », Franck Comba, Cliff Mytton, Emori Bolo Bolo, Diego Dominguez, Christophe Juillet, Marc Lièvremont, Christophe Moni, « La Roume » (Olivier Roumat), Grant Ross, Sylvain Marconnet. Et je n’oublie pas « l’Anglais » ! Richard Pool-Jones, notre « boucher ». Quel joueur ! Je crois que Bernard l’avait pris à l’essai et sans contrat.  La Mayonnaise a pris de suite avec ceux arrivés en 1996, comme nous, David Auradou, Hervé Chaffardon, Xavier Blond, Laurent Pedrosa, et même ceux déjà présents en groupe B en 1995, Christophe Laussucq, Pieter De Villiers, Geoffrey Abadie. Il y avait 30 à 35 bonhommes capables d’intégrer l’équipe. J’ai vécu trois saisons extraordinaires, je me suis régalé !

Vous évoquiez plus haut Max Guazzini…

(il coupe). Un président incroyable ! J’ai connu deux grands présidents dans ma vie de joueur, André Moga à Bègles et Max Guazzini à Paris. Il a fallu du temps mais aujourd’hui, les gens ont pris conscience de tout ce que Max a fait pour le rugby en général. Il a été un très grand président. Grâce à lui, on a joué eu Parc des Pinces, on a rempli le Stade de France.

Aujourd’hui encore vous suivez le Stade Français d’un œil particulier ?

Évidemment. C’est un club où j’ai été champion de France, un club où j’ai vécu 3 ans extraordinaires. Avec un président comme Max, un entraîneur comme Bernard, et un staff magnifique, ça marque forcément. Et aujourd’hui, je suis forcément l’évolution du SFP. Cela reste MON club. Comme l’UBB, ex CABBG.

Si l’on vous demande de citer un match ou un moment clé de votre carrière parisienne ?  

Je dirais la finale victorieuse contre Perpignan (16 mai 1998).  C’est le premier match de rugby entre deux équipes de clubs à St Denis, la première finale de Championnat au Stade de France.  Quelques jours avant le début de la Coupe du monde de foot.  Nous, la première ligne, on avait déjà joué et gagné une finale au Parc des Princes avec Bègles (1991). Mais, sept ans plus tard, ce titre avec Paris a été un des faits marquants de ma carrière.

Et une semaine plus tôt, à Brive en demi-finale, vous aviez surclassé le grand Stade Toulousain (39-3)…

Oui, avec une crise de Bernard Laporte avant le match. Il nous avait dit, aux six joueurs de première ligne (Simon-Moscato-Gimbert et Marconnet-Pedrosa-De Villiers): « Je ne partirai l’année prochaine en Coupe d’Europe avec aucune de ces 2 premières lignes ». C’était Bernard ! La veille du match… Je peux vous dire que le lendemain, avant le match, il n’est pas rentré dans le vestiaire. Il savait qu’il aurait pu lui arriver un problème… Je garde vraiment de très bons souvenirs de ces années parisiennes, marquées par deux grands hommes, Bernard et Max.