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L'Equipe du 3 avril
SUR LES PARKINGS des stades, les emplacements réservés aux voitures des joueurs ne ressemblent pas encore au « carré luxe » du Salon de l’auto. Le rugby est encore loin de l’exubérance footballistique, de ses coupés sport haut de gamme et de ses farandoles de zéros sur les bulletins de paye. Il n’empêche, les salaires des rugbymen connaissent une inflation importante chaque saison (+ 15 % cette saison), symbolisant une économie en bonne santé qui bénéficie d’un boom médiatique, de l’augmentation de ses droits de diffusion (26 millions d’euros par an pour le Top 14) et, surtout, de la concurrence internationale de plus en plus acharnée en période des transferts. Pour autant, l’économie du rugby, bouleversée par l’apparition d’une nouvelle génération de mécènes, comme les présidents de Pro D 2 Mourad Boudjellal (éditions du Soleil, à Toulon) ou Jacky Lorenzeti (Foncia, au Métro-Racing 92), pourra- t-elle supporter longtemps ces augmentations continues de la masse salariale sans se mettre en danger ? Patrick Wolff, le vice-président de la Ligue nationale de rugby (LNR), s’en inquiète (lire par ailleurs). Aujourd’hui, la rétribution d’un joueur varie en fonction des critères aussi multiples que l’âge, le nombre de matches disputés dans la saison, s’il est international ou non et, surtout, des besoins du marché. Ainsi, un joueur nouvellement capé peut être augmenté de 20 % du jour au lendemain si une clause figure dans son contrat. Aujourd’hui, un pilier droit ou polyvalent international se négocie à des tarifs supérieurs à un demi d’ouverture et buteur de niveau équivalent, soit environ 450 000 euros net par saison. Dans un sport où, par essence, le collectif prime sur l’individu, les clubs sont fatalement contraints de multiplier ce type de contrat pour avoir une équipe réellement performante. LES CLUBS QUI BOULEVERSENT LE MARCHÉ Parce que toutes les écuries du Top 14 n’ont pas le glamour ou les résultats sportifs pour séduire un joueur de renom à l’image du Stade Français, Toulouse, Clermont ou Biarritz, certains n’hésitent pas à faire sauter la banque pour s’attacher les services de vedettes. Précurseur en la matière, le RC Toulon et sa pléiade de stars internationales (Victor Matfield, George Gregan, Andrew Mehrtens, Anton Oliver), dont l’objectif immédiat est un retour en Top 14. Mourad Boudjellal, qui a fait une offre il y a plusieurs mois à Schalk Burger, aurait ainsi proposé 600 000 euros au troisièmeligne des Springboks champions du monde et 500 000 euros net annuels pour tenter de rapatrier d’Afrique du Sud Frédéric Michalak. Mais ce n’est pas tout : le club varois mettrait sur la table environ 700 000 euros pour attirer la star des stars, Dan Carter, l’ouvreur des All Blacks. Sont également dans le viseur Fourie Du Preez, le demi de mêlée des Springboks, estimé à 400 000 euros par an, et Danie Rossouw (29 ans, 31 sélections), le numéro 8 des Springboks. Tous ne viendront pas, mais les offres existent. La saison passée, le Racing-Métro 92 est venu se mêler à la bagarre, offrant notamment à Sireli Bobo, l’ailier vedette du Biarritz Olympique et international fidjien, environ 27 000 euros brut mensuels. Il semble cependant que, pour la saison à venir, les dirigeants parisiens ne versent plus dans la surenchère, conscients d’avoir parfois servi de vaches à lait. Il n’empêche que le club ciel et blanc a les reins suffisamment solides pour se positionner sur n’importe quelle grosse pointure du rugby mondial. Pour la saison 2008-2009, conscient des efforts qu’il faudra fournir pour taquiner les têtes d’affiche et rivaliser après les éventuelles montées de Toulon et du Racing, Brive et Bayonne sont aujourd’hui deux acteurs du Top 14 qui affolent le marché et contraignent des clubs, plus prestigieux d’un point de vue sportif pour le moment, à revoir à la hausse leur masse salariale et à trouver de nouvelles solutions de financement. C’est le cas du Stade Français ou de Biarritz. D’autant que les clubs hexagonaux subissent la concurrence des clubs anglais qui ont vu le « salary cap » – le salaire plafond par club – encore augmenter d’un million de livres sterling et passer à 3,3 millions de livres (environ 4,2 millions d’euros) pour la saison à suivre. De quoi permettre à Leicester, par exemple, d’offrir 30 000 euros net mensuels à Nick Evans – la doublure de Daniel Carter chez les All Blacks – dont la femme visitait les installations la semaine dernière. MÉLA, BARCELLA, PARRA : LES GAGNANTS En France, les nouveaux Bleus ont été les grands gagnants de ces débuts de tractations. Morgan Parra (19 ans, 3 sélections), le nouveau demi de mêlée international et buteur, s’il a fait le choix de coeur en restant à Bourgoin, s’est vu proposer 20 000 euros net par mois par l’Aviron Bayonnais. Finalement, le numéro 9 berjallien restera en Isère pour 14 000 euros net mensuel la saison prochaine, soit une augmentation de 300 % de son salaire pour ce qu’il faut à présent considérer comme la nouvelle pépite du rugby tricolore. Le deuxième-ligne international d’Albi, Arnaud Méla (4 sélections), s’est engagé avec Brive pour trois ans aux alentours de 18 000 euros net par mois. Lui aussi a quasiment triplé son revenu par rapport à ce qu’il gagnait à Albi. Plus fort encore, Fabien Barcella (24 ans, 2 sélections), en quittant Auch pour Biarritz, a multiplié par sept son salaire (environ 17 000 euros net). À titre de comparaison, Vincent Clerc (26 ans, 33 sélections, 20 essais) et Clément Poitrenaud (25 ans, 31 sélections, 5 essais) à Toulouse, plus gros budget du Top 14 avec 22 millions d’euros, toucheraient entre 15 000 et 17 000 euros net mensuels. Aujourd’hui, Lionel Nallet (31 ans) est l’international le plus demandé. La cote du capitaine de l’équipe de France a explosé depuis que les rumeurs de son éventuel départ de Castres parcourent les stades. Le deuxième-ligne des Bleus récolte le fruit de son talent et de la raréfaction des très bons joueurs à son poste à l’heure actuelle. Il aurait reçu des offres avoisinant les 25 000 euros net mensuels. Le paragraphe sur les nouveaux Bleus est inquiétant pour l'avenir... Vous croyez que les sélectionneurs ont touché une com' sur les augmentations ? Semper Fidelis !!! |
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ahh si jerome kerviel avait été agent de joueur....
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Attention à toulon et au racing s'ils arrivent comme probable en top 14. Les joueurs pourront en plus du salaire invoquer un projet sportif. Et la vu le niveau de réserve des 2 présidents ils peuvent tout bouffer, quoi qu'en dise le président du racing.
Toulouse, le stade Français voire Biarritz ouClermont peuvent mettre en avant d'autres arguments quand l'écart de salaire est de 10 à 15%, mais quand ça atteint 20, 30 voire 50% ça sera dur. |
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Ca y est les gens apres à peine 10 ans de professionnalisme le rugby commence à virer dans un système d'argent à outrance telle que le football.
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