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Par défaut Pour Fabien Galthié, un bon entraîneur doit... - 22/02/2005, 06h23

Pour Fabien Galthié, un bon entraîneur doit "savoir rester à sa place"
LE MONDE | 21.02.05 | 15h18

L'ancien demi de mêlée du XV de France a réussi ses débuts à la tête du Stade français.
Malgré la première place du Stade français dans le Top 16, avec cinq points d'avance sur Bourgoin, qui compte un match de retard, et six sur Biarritz et Toulouse, Fabien Galthié reste mesuré. "Nous sommes à une période charnière, presque le plus mauvais moment, assure l'entraîneur de l'équipe parisienne, qui vient pourtant d'enchaîner sa septième victoire d'affilée en dominant Béziers (35-27), samedi 19 février. Nous sommes en course en Coupe d'Europe -les Parisiens seront opposés à Newcastle, le 2 avril, en quarts de finale- et en championnat, ce qui ne veut pas forcément dire que nous allons atteindre nos objectifs, qui sont de gagner sur les deux tableaux."

Le principal, pour l'ancien capitaine du XV de France, est de parvenir en fin de saison en n'ayant rien à se reprocher. "Nous serons peut-être deuxièmes ou cinquièmes, mais il ne faudra surtout pas avoir de regrets. Le pire, en sport, ce sont les regrets. Il faut tout mettre en œuvre pour gagner, ne rien laisser au hasard, quels que soient les adversaires, quels que soient les joueurs, en sachant que le terrain est l'expression de ce qu'ils sont, de ce qu'ils ressentent dans leur travail et dans leur vie. Cela ne veut pas dire ne pas sourire. Au contraire, une équipe doit sourire, être heureuse."

Après une superbe carrière de joueur, qui l'a mené de Colomiers au Stade français en passant par l'Afrique du Sud et l'équipe nationale, dont il a porté 64 fois le maillot entre 1991 et 2003, Fabien Galthié, bientôt 36 ans, n'a pas éprouvé plus de difficultés pour arrêter sa carrière de demi de mêlée que pour démarrer celle d'entraîneur. "Le vide, je l'ai ressenti en 2004, mais j'en ai fait le deuil. Je ne suis pas entraîneur pour vivre ce que j'ai vécu en tant que joueur."

DROIT À LA CONTINUITÉ

Lorsque Max Guazzini, le président du Stade français, lui a demandé de venir entraîner son équipe, il a d'abord refusé. "Puis j'ai réfléchi, et cela m'a semblé une évidence." Cette évidence n'a pourtant pas sauté aux yeux de tous, certains faisant remarquer qu'il n'avait pas de diplôme pour sa nouvelle fonction. "J'ai le bac, un DUT de gestion, mais je n'ai pas encore le brevet d'Etat", s'amuse l'intéressé dans son bureau de l'Hôtel de ville de Paris, où il est conseiller, chargé du développement du sport, de l'organisation de la Coupe du monde de rugby dans la capitale, et du soutien à la candidature pour les Jeux olympiques de 2012.

Fabien Galthié revendique le droit à la continuité. "Depuis l'âge de 6 ans, je suis sur les terrains. J'ai joué en équipe première à 17 ans, en équipe de France à 22 ans, j'ai été capitaine, j'ai occupé un poste de gestion et d'organisation. Tout cela m'a permis d'acquérir un niveau qui me permet aujourd'hui de créer, de rechercher et d'évoluer."

Titre d'entraîneur, plan de carrière, ce n'est pas cela qui motive le natif de Cahors. "Ma renommée est dans ce que j'ai fait en tant que joueur. Entraîner est un métier de service, de maturité, de réflexion, où il faut beaucoup donner et savoir rester à sa place. La place de l'entraîneur est d'accompagner les joueurs au quotidien. Il faut savoir être humble, encore plus que lorsqu'on est joueur."

"Etre entraîneur n'est surtout pas avoir des idées arrêtées, mais être dans l'évolution et la recherche, dans l'incertitude", poursuit Fabien Galthié, qui revendique le droit à l'erreur. "Il y a le jeu, la méthode, la recherche, le succès, la mise en place, l'étude, l'échec, et les hommes, qui prennent peut-être plus de place que le reste. C'est ce qui fait la richesse incommensurable de ce sport, s'extasie le jeune entraîneur, qui, par souci d'ouverture et d'équilibre, est également impliqué dans le marketing sportif. Il y a une hiérarchie globale, par rapport à la stratégie et à l'organisation du jeu, dans ce que l'on peut demander aux joueurs, dont les compétences et les habitudes ne sont pas forcément les mêmes. Certains souhaitent être internationaux, d'autres veulent être titulaires ou capitaine. Pour d'autres, l'important est de vivre au sein du groupe, pour d'autres encore, c'est d'être considérés par les autres. Il faut arriver à ce que tous vivent en osmose. Une équipe, ce n'est pas un capitaine et quatorze soldats, c'est quinze joueurs intelligents et impliqués."

Jean-Louis Aragon
 
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