Delph
03/11/2006, 20h55
USAP - SF
Max et son grand orchestre
Max Guazzini est à la tête du Stade Français depuis plus de dix ans
Ils agacent, ils sont parfois jalousés, mais ils remplissent les stades. Vu de province, les joueurs du Stade Français, c'est un peu le grand orchestre du Splendid version rugby.
Il y a dix ans, les nœuds pap des "Mesnel boys" faisaient jaser. Aujourd'hui, Auradou et ses copains ferraillent dans les mêlées, moulés dans leurs maillots roses ornés de fleurs bleues, en toute "impunité".
Les temps ont changé. Le rugby aussi. Max Guazzini, le très médiatique Président parisien, reste pourtant modeste : « on n'a rien inventé. On fait les choses naturellement et on prend du plaisir dans ce que l'on fait. »
Pur produit du show biz - il accompagna longtemps la carrière de Dalida - le grand Max a provoqué un véritable électro choc dans le milieu conservateur d'Ovalie. Lorsqu'il décida de jouer au Parc puis au Stade de France, on cria au fou. Résultat, carton plein ! Hommes, femmes, enfants, papys et mamies en redemandent. A Saint-Denis, ils sont heureux et ils se sentent en sécurité. Car le rugby a su, pour l'instant du moins, se préserver des excès du foot : « Les deux publics sont différents. Je ne pense pas que l'insécurité qui règne de temps à autre au Parc lorsque le PSG joue ait provoqué un transfert de spectateurs », analyse Max Guazzini. Les chiffres et les faits sont malgré tout têtus. Le Stade Français attire les foules. Ce qui n'a pas toujours été le cas : « En 1993, non seulement il n'y avait pas de public à Paris pour le rugby, mais il n'y avait pas de stade ! », se souvient avec nostalgie Max Guazzini.
Derrière le strass et les paillettes, les maillots roses qui ont boosté les recettes de 70 %, les séances de karaoké, les feux d'artifice et les anges qui descendent du ciel pour amener le ballon du match sur la pelouse, Guazzini et son équipe ont effectué un vrai travail de fond : « on est parti de rien. On a gravi les échelons depuis la quatrième division. A l'époque, on jouait le dimanche devant les copines des joueurs, les amis et la famille. Au fur et à mesure on a bâti autour de ce concept. Parfois, on s'est trompé. Mais on a rectifié le tir. L'essentiel, c'est qu'à la fin on mette la bonne clé dans la bonne serrure. »
A l'heure actuelle, le Stade c'est un budget de 11,5 millions d'euros, une stratégie de communication décalée, plus de cinquante produits dérivés, une politique tarifaire raisonnable (40 000 places sur 80 000 à 5 € et 10 € lorsque l'équipe joue au Stade de France), deux entraîneurs, Galthié et Landreau, deux préparateurs physiques, un manager et conseiller du président, un intendant, un responsable video, trois kinés, un centre de formation et cinq... stades, Jean Bouin pour le "quotidien", le Parc et le Stade de France pour les grands événements, Meudon pour les entraînements et Vaucresson, réservé aux jeunes. Sans oublier une salle de musculation à Géo André à proximité du Parc et un resto « Malgré cela, on ne vit pas dans le confort », insiste Max Guazzini. Le début de saison fracassant des Parisiens pourrait cependant le laisser supposer « On va souffrir en novembre, à commencer à Perpignan, car treize joueurs vont être mobilisés par les tests. Mais on continuera à s'amuser et à régaler le public. Chez nous, la convivialité est la règle d'or. »
Jouer, faire la fête, trouver des idées nouvelles, donner du plaisir et gagner. On va parfois chercher bien loin ce que l'on a sous la main.
Jacques FRENE
Edition du 03 Novembre 2006
http://www.midilibre.com
Posté par XV-31 sur les C@pitouls
Un article élogieux sur le SF dans un journal du sud, c'est à signaler. :wink:
Max et son grand orchestre
Max Guazzini est à la tête du Stade Français depuis plus de dix ans
Ils agacent, ils sont parfois jalousés, mais ils remplissent les stades. Vu de province, les joueurs du Stade Français, c'est un peu le grand orchestre du Splendid version rugby.
Il y a dix ans, les nœuds pap des "Mesnel boys" faisaient jaser. Aujourd'hui, Auradou et ses copains ferraillent dans les mêlées, moulés dans leurs maillots roses ornés de fleurs bleues, en toute "impunité".
Les temps ont changé. Le rugby aussi. Max Guazzini, le très médiatique Président parisien, reste pourtant modeste : « on n'a rien inventé. On fait les choses naturellement et on prend du plaisir dans ce que l'on fait. »
Pur produit du show biz - il accompagna longtemps la carrière de Dalida - le grand Max a provoqué un véritable électro choc dans le milieu conservateur d'Ovalie. Lorsqu'il décida de jouer au Parc puis au Stade de France, on cria au fou. Résultat, carton plein ! Hommes, femmes, enfants, papys et mamies en redemandent. A Saint-Denis, ils sont heureux et ils se sentent en sécurité. Car le rugby a su, pour l'instant du moins, se préserver des excès du foot : « Les deux publics sont différents. Je ne pense pas que l'insécurité qui règne de temps à autre au Parc lorsque le PSG joue ait provoqué un transfert de spectateurs », analyse Max Guazzini. Les chiffres et les faits sont malgré tout têtus. Le Stade Français attire les foules. Ce qui n'a pas toujours été le cas : « En 1993, non seulement il n'y avait pas de public à Paris pour le rugby, mais il n'y avait pas de stade ! », se souvient avec nostalgie Max Guazzini.
Derrière le strass et les paillettes, les maillots roses qui ont boosté les recettes de 70 %, les séances de karaoké, les feux d'artifice et les anges qui descendent du ciel pour amener le ballon du match sur la pelouse, Guazzini et son équipe ont effectué un vrai travail de fond : « on est parti de rien. On a gravi les échelons depuis la quatrième division. A l'époque, on jouait le dimanche devant les copines des joueurs, les amis et la famille. Au fur et à mesure on a bâti autour de ce concept. Parfois, on s'est trompé. Mais on a rectifié le tir. L'essentiel, c'est qu'à la fin on mette la bonne clé dans la bonne serrure. »
A l'heure actuelle, le Stade c'est un budget de 11,5 millions d'euros, une stratégie de communication décalée, plus de cinquante produits dérivés, une politique tarifaire raisonnable (40 000 places sur 80 000 à 5 € et 10 € lorsque l'équipe joue au Stade de France), deux entraîneurs, Galthié et Landreau, deux préparateurs physiques, un manager et conseiller du président, un intendant, un responsable video, trois kinés, un centre de formation et cinq... stades, Jean Bouin pour le "quotidien", le Parc et le Stade de France pour les grands événements, Meudon pour les entraînements et Vaucresson, réservé aux jeunes. Sans oublier une salle de musculation à Géo André à proximité du Parc et un resto « Malgré cela, on ne vit pas dans le confort », insiste Max Guazzini. Le début de saison fracassant des Parisiens pourrait cependant le laisser supposer « On va souffrir en novembre, à commencer à Perpignan, car treize joueurs vont être mobilisés par les tests. Mais on continuera à s'amuser et à régaler le public. Chez nous, la convivialité est la règle d'or. »
Jouer, faire la fête, trouver des idées nouvelles, donner du plaisir et gagner. On va parfois chercher bien loin ce que l'on a sous la main.
Jacques FRENE
Edition du 03 Novembre 2006
http://www.midilibre.com
Posté par XV-31 sur les C@pitouls
Un article élogieux sur le SF dans un journal du sud, c'est à signaler. :wink: