Benjamín Macome: « Paris, une grande histoire »

Publié le 13/02/2014
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Le flanker argentin de 28 ans, arrivé récemment dans la capitale en tant que joker médical, a disputé son tout premier match le week-end dernier à Clermont. Autant dire que cela l’a marqué. Car le Top 14, « l’un des meilleurs championnats du monde », l’attirait tout particulièrement. Et Paris dans tout ça ? Quand l’opportunité s’est présentée à lui, il n’a « pas hésité une seconde ».

Benjamín, tu es arrivé à Paris il y a à peine quelques semaines et tu as déjà connu ton premier match samedi contre Clermont. Raconte-nous un peu comment tu as vécu ça ?
Oui j’ai déjà eu la chance de jouer, et en plus contre une grande équipe comme Clermont. Je suis vraiment content d’avoir fait mes débuts avec le club. J’aurais bien aimé une victoire, mais ça ne s’est pas fait. Je suis convaincu que ça viendra très rapidement.

Tout est allé très vite finalement ?
Oui, c’est vrai. Je venais à peine de terminer ma saison en Argentine, et j’étais en vacances quand on m’a offert cette opportunité. Je me suis entrainé quelques semaines pour me remettre bien physiquement et m’adapter au plan de jeu. Par chance, j’ai ensuite connu rapidement mes premières minutes de jeu.

Quel est ton ressenti après cette grande première en Top 14 ?
J’ai vécu le match de manière très intense. Pendant la mi-temps, j’étais assez anxieux. Puis quand je suis entré sur le terrain, j’ai simplement voulu profiter de ce moment. J’ai joué contre l’une des meilleures équipes possibles, ça a été un très beau défi. Espérons que ça continue comme ça !

Comment as-tu trouvé le niveau de jeu, l’intensité et tout le reste ?
Le niveau de jeu est très bon. Les meilleurs joueurs sont ici et ce n’est pas pour rien que c’est l’un des meilleurs championnats du monde. C’est vrai que j’ai toujours voulu jouer dans le Top 14 et maintenant que j’en ai la possibilité, je suis ravi.

D’un point de vue global, quel regard portes-tu sur le championnat français ?
C’est un championnat très homogène où toutes les équipes sont de qualité. Le club joue une finale presque à chaque week-end, et il faut avoir un très bon groupe pour se confronter à cette exigence.

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours avant d’arriver ici ?
Je viens de Tucumán, une province du nord de l’Argentine. Là-bas, j’ai joué au Tucumán Rugby club, mais aussi avec la sélection provinciale de Tucumán. En 2005, j’ai débuté en sélection des -19 ans et j’ai joué le Mondial en Afrique du Sud. L’année suivant, j’ai participé à celui des -21, lequel s’est déroulé ici en France et par coïncidence à Clermont, là où j’ai débuté en Top 14 ! Plus tard, j’ai disputé la Vodacom Cup en Afrique du Sud avec les Pampas XV pendant trois ans, dont l'année 2011 où on a été sacré champion. Enfin, j’ai 17 sélections avec les Pumas, obtenues entre 2009 et aujourd’hui. Les toutes dernières datent de 2013 : 3 en juin, 5 pendant le Rugby Championship (ex-Four Nations) et 2 en novembre.

Comment s’est passée ton intégration dans le vestiaire ?
Il faut dire que j’ai de très bons partenaires au Stade. Ils m’ont mis à l’aise et l’ambiance au sein du club est très bonne, ça aide beaucoup. On sort déjà manger avec quelques-uns et malgré la différence de langue, on arrive à se comprendre. Mais je prévois d’apprendre le français dans les plus brefs délais !

Connaissais-tu certains joueurs avant d’arriver ?
Non, je ne connaissais personne en particulier. On a échangé nos maillots avec Sergio Parisse lors du dernier match de novembre entre l’Italie et l’Argentine, mais c’est à peu près tout.

Gonzalo Quesada non plus alors ?
Non, je l’ai rencontré pour la première fois en arrivant ici. Lui, tout comme Pato Noriega, m’ont beaucoup aidé pour que mon intégration soit la meilleure et la plus rapide possible. Je leur suis vraiment reconnaissant de me faire confiance et de me donner cette opportunité.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué depuis ton arrivée à Paris ?
L’ampleur de la ville ! Je la connaissais déjà mais le fait de vivre ici m’encourage encore plus. Les gens sont supers et j’aime vraiment la culture.

Est-ce que tu as suivi l'histoire du club et ses résultats ?
Oui je suis bien au fait de l’histoire du club. Beaucoup d’Argentins sont passés par là et c’est une équipe très appréciée au pays. Même si les dernières saisons ont été un peu compliquées, c’est un club avec une grande histoire, qui a remporté de nombreux titres lors des quinze dernières années.

Justement, cette « affiliation argentine » t’a-t-elle convaincu de venir ?
Dès l’instant où l’opportunité de venir ici s’est présentée à moi, je n’ai pas hésité une seconde. Pas seulement parce qu’il y a cette affiliation, mais aussi en raison de la dimension du club, de son histoire et de la qualité des joueurs et entraineurs qui y sont. Enfin parce que le Top 14 est l’un des championnats les plus réputés au monde.

Peux-tu nous parler un peu de toi, pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Je viens d’une famille très nombreuse. En tout, nous sommes 14 frères et sœurs, 10 garçons – je suis le plus jeune d’entre eux – et 4 filles. Tous mes frères ont joué au rugby à Tucumán. Je viens donc d’une famille avec une certaine tradition rugby !

Connais-tu déjà quelques mots en français ?
« Oui, oui ! ». Je suis en train d’apprendre un peu avec le club, un peu en regardant sur internet pour accélérer l’apprentissage. J'essaye même de lire le journal le matin (rires).