Geoffrey Doumayrou : « Ne rien lâcher jusqu'au bout »

Publié le 04/12/2013
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Le trois-quarts centre parisien, auteur d’un gros match face à Toulon et de son premier essai de la saison, revient sur les performances du club à domicile. Il se projette évidemment sur l’Amlin Challenge Cup, une compétition qu’il aimerait vraiment remporter cette année, et notamment la rencontre face aux London Irish dimanche (16h00).

Geoffrey, comment se sent-on après cette belle victoire face à Toulon ?

Ça fait du bien. Ça faisait un mois et demi que nos performances n’étaient plus très abouties. Même si on a réussi à gagner contre Bayonne chez nous, à l’extérieur on n’était plutôt pas terrible. Cette fois, au-delà du score (23-0), la performance est aboutie. Ça nous a remis un peu de baume au cœur pour travailler dur. J’espère que ça va continuer, et que même s’il y a quelques changements face aux London Irish, qu’on sera dans la continuité de ce qu’on a fait la semaine dernière.

Vous avez quand même mis « fanny » le champion d’Europe, ce qui n’arrive pas si souvent…

Oui c’est sûr. D’autant que même s’ils avaient un peu remanié leur équipe, ça restait une belle équipe. La fois précédente quand ils étaient « fanny », ils avaient vraiment tout changé. Maintenant, plutôt que de se focaliser sur ce point, il faut surtout retenir la grosse performance qu’on a faite. On n’a presque jamais été mis en danger sur ce match… Donc c’est vraiment bien.

Et il y a cet essai à la sirène où on te voit crier toute ta joie. C’est aussi ça l’état d’esprit cette saison, tout donner jusqu’à la dernière seconde ?

Oui clairement, ne rien lâcher jusqu’au bout. Si on peut marquer un essai comme ça, on le marque. Depuis le début de la saison, on n’a pas besoin que les coachs nous le disent : on est très à cheval là-dessus, de même que de ne pas donner de points gratuitement. La joie que j’ai eue, c’est aussi parce que c’est mon premier essai cette année. D'autant plus lors d’un gros match, une belle affiche, contre Toulon... Même si je n’étais pas en manque de confiance, ça fait toujours du bien dans la tête.

Et vous terminez la phase aller invaincus à domicile. On imagine que c’est une vraie satisfaction ?

Oui être invaincu à Jean Bouin, c’est très important. On l’était déjà à Charléty, alors que ce n’était pas un grand stade. Mais c’est sûr qu’avec ce public qui vient nombreux à tous les matchs, on se doit de gagner chez nous. Ça se passe bien mais il en reste encore sept à domicile.

Sur Jean Bouin justement, à l’issue de cette première partie de saison, quel bilan fais-tu de ce que tu y as vécu ?

Le stade en lui-même est magnifique. Moi j’avais connu à Montpellier l’un des stades les plus récents qui était déjà un beau stade. Mais celui-là, c’est un ton au-dessus. Les installations pour nous, ça change la vie. Elles sont tops. D’avoir la salle de muscu sur place, de belles douches… Même d’avoir les salariés du club au même endroit, je trouve que c’est convivial ! C’est bien et c’est vraiment l’esprit du Stade Français. A Montpellier, ce n’est pas comme ça. Les bureaux sont un peu à l’écart et si tu ne montes pas les voir, tu ne les croises jamais. Ici, c’est vraiment ce qui me marque le plus. Tout le monde se croise dans une ambiance assez décontractée, c’est cool. Après concernant les matchs, je trouve que l’ambiance est énorme. On le remplit souvent, même quand il pleut. Contre Bayonne, contre Brive, il y avait pas mal de personnes. Et puis dès que ça fait un peu de bruit, ça s’entend. Ce stade résonne bien, c’est vraiment très agréable de jouer dedans et ça nous pousse.

Et toi personnellement, depuis ton retour de blessure, tu enchaines les matchs (en tout, 9 feuilles de Top 14 dont 8 titularisations). Plutôt pas mal, non ?

J’ai eu un début de saison un peu compliqué en raison d’un problème récurrent qui datait de l’année dernière. Ça m’a vraiment embêté. Les coachs m’ont laissé le temps de me rétablir. Alex Marco (le préparateur physique en chef, ndlr) m’a dit qu’il ne fallait pas que je traine ça et qu’il fallait soigner. Et c’est vrai que depuis que je suis revenu, je n’ai plus de souci, ce qui me permet d’enchainer. Après, les coachs me font jouer très souvent, ce qui est une marque de confiance. C’est toujours bien pour un joueur d’enchainer les matchs. Je suis très bien physiquement, je n’ai plus de gêne. Le week-end dernier, j’étais bien en jambe jusqu’à la fin. Après, je me connais par coeur et je sais qu’il me manque encore quelques « trucs ». Mais je suis plutôt très satisfait de la manière dont je suis revenu de blessure.

Et maintenant, place au Challenge Européen avec une double confrontation face aux London Irish, décisive pour la première place de la Poule 5. Comment vois-tu cela ?

On sait qu’il faut gagner chez eux parce qu’on a déjà fait un faux pas en Italie. On y a gagné mais on n’a pas pris le bonus. Les Anglais, eux, ont fait deux victoires, deux bonus. On est obligé d’aller gagner là-bas si on veut terminer premiers de poule afin de recevoir le quart de finale à Jean Bouin. C’est un objectif pour nous. Il y aura quelques changements ce week-end, mais je pense qu’on met beaucoup  de concentration et d’application depuis le début de la semaine. Ce n’est pas parce qu’on a gagné Toulon qu’on se relâche. On va tout faire pour aller gagner là-bas.

Ils sont premiers de poule en Amlin Challenge Cup, mais aussi avant-derniers de leur championnat. A quel genre de match vous attendez-vous ?

On sait que ça va être dur parce que même s’ils ne sont pas au top en championnat, la coupe d’Europe, c’est autre chose. On efface tout et on repart à zéro. Ça va être très compliqué, ils ont de très très bons joueurs, notamment derrière, qu’il faudra surveiller. On sait ce qu’ils vont nous proposer : du défi physique, du rythme, des temps de jeu. Même si eux ont un jeu un peu plus atypique que les autres clubs anglais, c’est un bon challenge pour nous. Pour les mecs qui vont rentrer, ça va être intéressant de se montrer.

Le club a fait deux finales en l’espace de trois ans. Est-ce que dans les têtes, on se dit « Cette fois c’est la bonne, il faut aller au bout » ?

Là déjà, on a une poule qui est plus compliquée que les autres années. On va essayer de faire ce quart à domicile, c’est vraiment l’objectif. Ça va passer par ce week-end, et on en saura plus après. Si on perd là-bas, ça va être très compliqué de recevoir un quart. Alors après, on peut toujours jouer à l’extérieur. L’année dernière, on a tout joué comme ça et on a atteint la finale. Mais c’est sûr qu’on a envie d’y retourner cette année et surtout de la gagner. Est-ce qu’on y arrivera ? Je ne sais pas !