Jérôme Porical : « Je me sens très bien dans ce groupe »

Publié le 16/10/2013
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L’arrière parisien revient sur son début de saison et sur la forte densité du championnat. Il décrypte également le jeu des lignes arrières, qui fait régulièrement des étincelles depuis le début de saison.

Jérôme, quelques mots sur cette première européenne à Jean Bouin, conclue par une large victoire contre le Lusitanos (61-3). Cette équipe découvrait l’Europe, mais il est tout de même intéressant de bien débuter la compétition et poursuivre sur la dynamique globale du Top 14 ?

Oui c’est sûr, l’objectif est clair. On veut accrocher un quart de finale à Jean Bouin, ce qui serait une belle fête pour le club. Pour cela, il fallait faire le boulot contre Lusitanos. Et il a été plutôt bien fait puisqu’on a marqué le point de bonus très tôt dans la partie.

D’un point de vue personnel, tu as été élu « Homme du match » par les supporters sur Facebook (la deuxième fois après Brive, 6ème journée du Top 14). Cette reconnaissance du public fait toujours chaud au coeur, non ?

Oui évidemment. Moi c’est vrai que j’attendais ce match depuis un certain moment, parce qu’en jouant moins en championnat, j’avais à cœur de montrer ce dont j’étais capable. Certes, l’opposition n’était pas du niveau de Top 14 mais il fallait faire le job et on l’a plutôt bien fait, notamment d’un point de vue collectif.

Même en jouant moins, tu restes deuxième meilleur réalisateur parisien derrière Julien Dupuy.  Pas mal quand même ?

Oui, après c’est vrai que je fais partie du groupe assez régulièrement (7 feuilles de match sur 9). Hugo Bonneval fait un super début de saison, il est sur une bonne dynamique. A moi d’être présent dès qu’on a besoin de moi, dès qu’on m’appelle pour faire des bouts de match ou des fins de match. La concurrence est saine et nous tirera vers le haut. J’en suis convaincu.

On te sent vraiment épanoui dans ce groupe ?

Oui, je m’y sens très très bien. On travaille de manière agréable. Forcément les résultats du début de saison font que l’ambiance est bonne, mais on est très sérieux dans le travail. Et puis on a un outil qui est fantastique avec Jean Bouin. Je me sens vraiment très bien dans ce club, c’est sûr !

En parlant de Jean Bouin, comment trouves-tu l’ambiance dans cette enceinte, par rapport à ce que tu as pu connaitre auparavant, à l’USAP par exemple ?

C’est tout à fait différent. Depuis qu’on est à Jean Bouin, l’ambiance est déjà tout autre que l’an dernier à Charléty. Les supporters du club nous ont beaucoup poussés en ce début de saison. Évidemment, le stade est magnifique, les gens sont près de la pelouse. Et dès que ça pousse derrière, on n’entend plus rien ! Ce stade a été super bien fait et il y a des sensations assez remarquables quand le public nous encourage.

Peux-tu nous parler un peu du travail des lignes arrières que vous effectuez avec Jeff Dubois, et qui porte ses fruits tous les week-ends ?

Jeff est vraiment porté sur le jeu. On le voyait quand il était joueur, il aimait beaucoup jouer, attaquer la ligne, trouver des solutions autour de lui. On essaye de retranscrire ça aujourd’hui sur le terrain, comme le veulent Gonzalo et les deux coachs : un jeu agréable fait de mouvements, basé sur les passes et non sur le défi physique. Pour essayer de tenir la route en Top 14 et faire partie des meilleurs, il faut que ton équipe soit axée sur le jeu. Et effectivement, ça se passe pas trop mal pour l’instant.

Ce système permet en fait à toute l’équipe de marquer à n’importe quel moment ?

Oui c’est ça, on est tous impliqués dans les actions. Il n’y a pas de mouvement séparé entre avants et trois-quarts. Je crois qu’on doit tous bosser ensemble. Si le ballon parvient aux avants, il peut très bien arriver aux trois-quarts dans la foulée sur une passe. Il suffit simplement d’être à hauteur pour qu’il y ait de la continuité dans le jeu et la possibilité pour tous de toucher beaucoup de ballons.

Un mot sur le prochain adversaire, Prato. Une équipe que vous aviez déjà rencontrée par deux fois la saison dernière en poule de Challenge Européen (2 victoires, 37-23 & 29-6). A quel type de rencontre vous attendez-vous ?

Ce sera une rencontre d’un niveau supérieur au Lusitanos parce que c’est vrai que les Portugais étaient quasiment tous d’un niveau amateur. C’est la première fois qu’ils évoluaient ensemble. Là c’est une équipe qui joue le championnat italien et qui a l’habitude de faire des matchs de haut niveau. C’est à nous de les prendre très au sérieux. L’an dernier ça s’était plutôt bien passé mais ces matchs sont toujours compliqués à préparer. Il faut arriver à faire le job et essayer de repartir si possible avec les cinq points. Si on veut recevoir en quart de finale, il faudra prendre beaucoup de points contre ces deux équipes. Sachant qu’après, si tout va bien, la première place se jouera contre les London Irish. Alors à nous d’être sérieux pour ce week-end.

Et ce match arrive juste avant le derby au Stade de France contre le Racing Metro 92 (samedi 26 octobre, 20h35). Toi qui es originaire du sud de la France, comment perçois-tu cette rivalité ?

C’est un derby assez unique puisque je crois qu’en Top 14, c’est le seul match pour lequel les deux clubs sont issus de la même ville. Ou presque, avec le Racing en banlieue. Mais ça reste Paris donc c’est vrai que c’est un derby assez atypique. Et puis on sent l’engouement autour de ce match tout le temps. C’est vrai que c’est très agréable de pouvoir les jouer. L’an dernier, ça s’était bien passé sur le second match, un peu moins bien sur le premier alors qu’on aurait pu gagner. C’est toujours des rencontres très serrées, qui se jouent sur des détails et ce sera encore le cas, je pense, le week-prochain. Ils sont sur une bonne dynamique après leur victoire en H Cup face à Clermont donc on s’attend évidemment à un match compliqué. Mais on pense d’abord à Prato et on préparera ça tranquillement après.

Un dernier mot sur le championnat. Sept points séparent le 1er du 11ème au classement, du jamais vu après neuf journées. Que penses-tu de cette densité ?

Ce championnat est assez incroyable. On voit que beaucoup d’équipes ont du mal à s’imposer à l’extérieur. Nous, on l’a déjà fait par deux fois. Je pense que c’est un gros atout pour la suite du Top 14, surtout si on arrive à avoir des victoires à Jean Bouin comme on le fait depuis le début de saison. On ne sera pas loin d’être dans les six. Maintenant, on ne peut pas penser à ça. Il faut se remettre en question chaque week-end car on n’est pas à l’abri d’un revers à domicile, même si notre objectif est évidemment de rester invaincu dans notre stade. C’est vrai que c’est du jamais vu, le championnat est très très serré. Les équipes comme Brive et Oyonnax qui gagnent presque tous leurs matchs à domicile prouvent que ça va être dur jusqu’au bout !