Interview de Fabrice Landreau
Publié le 24/01/2013 par Stade.fr
A la veille d’affronter le Stade Français Paris en Top 14, l’ancien talonneur et entraineur du club revient sur la bonne passe de son équipe grenobloise. Très content de retrouver l’ensemble du staff parisien, le Charentais n’en oublie pas pour autant ses ambitions pour ce match.Ton équipe te surprend-elle encore après quinze journées de championnat ?Oui, on sent dans cette équipe qu’il y a pas mal de ressources et une forte émulation. Il y a une concurrence vraiment saine, tout le monde a sa place et du temps de jeu. On a beaucoup de choix et comme on n'est pas dépendant d'une vedette, on ne perd pas en efficacité. On est une équipe complémentaire.
Vous êtes invaincus à domicile et on a l’impression que vous pouvez battre n’importe qui chez vous ?C’est aussi une grosse surprise pour nous. On est un peu étonné à chaque fois de nos résultats. On découvre des ressources mentales et morales qu’on ne soupçonnait pas. J’ai vu des changements radicaux de comportement chez certains joueurs. Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cet aspect positif : le fait d’être monté en Top 14 cette année et celui d’avoir peur de pas bien figurer et d’être parfois ridicule. Il fallait chercher au plus profond de nous-même et cela a développé des ressources morales. C’est très positif pour tout le collectif.
Est-ce que le maintien passe par des victoires à domicile ?Oui, surtout contre les grosses équipes. On était parti dans un premier temps pour faire un mini-championnat avec Agen, Mont-de-Marsan et Bordeaux. On s’était dit qu’il fallait absolument les gagner à domicile et chercher des points chez eux. Par contre, on n’imaginait pas pouvoir battre le Stade Français, le Racing Métro 92, Toulouse ou encore Castres. On ne se pensait pas capable de réitérer ce genre d'exploit. On était complexé contre n’importe quelle équipe. Aujourd’hui le groupe a pris confiance, les joueurs sont plus libérés et ne se posent plus de questions. Ils essayent d’appliquer toutes les stratégies collectives qu’on met en place à l'entraînement.
Pour la fin de saison, vous allez jouer sept fois à l’extérieur. Tu n’as pas de crainte à ce niveau-là ?Non, pas du tout. On est même plutôt libéré car on a reçu neuf fois et on a gagné une fois à l’extérieur. La dernière équipe à s’être maintenue était Montauban en 2009 et elle avait besoin de dix victoires pour cela. L’année dernière, Bayonne s’est sauvé avec huit victoires seulement. Il reste pas mal de matches et on espère confirmer notre première partie de saison, même si ce sera difficile. La fin de saison est intéressante en tout cas puisqu’elle va nous obliger à faire preuve de pugnacité pour essayer de glaner des points et chercher des victoires. On n’a pas d’épée de Damoclès au-dessus de la tête donc on restera nous-même afin de jouer les trouble-fêtes. En produisant du jeu et en étant le plus constant et régulier possible, ça peut marcher. On va s’en donner les moyens.
Le maintien pratiquement acquis, vous allez donc vous déplacer à Paris l’esprit libéré ?Déjà, on viendra avec une équipe quelque peu modifiée, légèrement mixée avec des joueurs laissés au repos pendant la coupe d’Europe. Il y aura l’ossature qui a joué contre le Stade Français et Prato en Amlin Cup. Ce sera un groupe mixte car on a besoin de voir des joueurs, de donner du temps de jeu et de trouver une cohésion. Cette rencontre à Paris va être significative et importante car on a besoin de bien figurer. A nous de faire le nécessaire pour disputer la victoire à Paris !
Est-ce que tu t’attends au même match qu’il y a deux semaines ?Je pense que ce sera complètement différent. On ne peut pas tirer beaucoup d’enseignements de notre confrontation car les équipes étaient considérablement modifiées. Le Stade Français s’est déplacé à Grenoble avec une équipe très jeune, une équipe en devenir. Je pense qu’on va retrouver vendredi une équipe plus confirmée et on s’attend à un match difficile. On a besoin de ces matches là pour grandir et s’étalonner. On a aussi besoin d’être dans la difficulté pour savoir ce qu’il nous reste à travailler. On va essayer de rester nous-même et tout faire pour rester le plus longtemps au score. On a envie d’exister sur ce match qui sera complètement différent, aussi bien sur le plan mental que celui de la stratégie.
Pour finir, est-ce que ce match aura plus d’émotions pour toi que les trois premiers ?Ce qui est sûr, c’est que je vais prendre beaucoup de plaisir à retrouver Paris, revoir tout le staff, les administratifs et les supporters !