Fabien Galthié : "Un grand plaisir"
Publié le 23/06/2008 par Mathieu Cabiro

Après la rencontre, Fabien Galthié a tenu à rendre hommage aux Toulousains. L'entraineur est également revenu sur ses 4 années passées au Stade Français.


Qu’est ce qui n’a pas fonctionné ?
Je trouve que nous avons été d’abord fébriles. Nous avons eu beaucoup de turnover, on a tombé beaucoup de ballons sur nos lancements de jeu. Nous avons eu du mal, on n’a pas vraiment joué comme on aurait souhaité à cause justement de ces ballons perdus qui nous empêchaient de relancer le jeu. Ensuite, nous avons été dominés sur les phases de conquête… Et après, il y a une somme de détails… L’opportunité ça se provoque aussi. Bravo à Toulouse, et pour l’équipe, pour nous, ce sera « next time »…

Vous l’avez senti venir très tôt dans le match ?
Non, parce qu’au début, durant les 10 premières minutes, on prend l’initiative, mais pas comme on l’avait prévu. C'est-à-dire que pour ce qui est de notre redistribution offensive, nous n’étions pas en place comme nous aurions voulu, donc… Même si on jouait plutôt bien, nous n’avons pas scoré. Nous loupons deux occasions (deux drops), plus un essai qui n’est pas accordé… Et puis après, on s’est mis à la faute très souvent, je crois beaucoup plus qu’eux, et nous avons été sanctionnés. A ce niveau là, quand tu prends plus de 6 pénalités dans un match, tu te mets en danger. On n’a parfois pas trouvé les touches et là c’était terrible, parce que tu ne trouves pas la touche et derrière tu prends un essai… Scénario positif pour Toulouse, négatif pour nous.

Sur l’action de Sergio Parisse, que pouvez-vous dire ?
Moi j’ai l’écran de contrôle, donc (soupir)… A ce jeu il vaut mieux prendre plus de points plutôt que de rester bloqué à 0, 3 ou 6… Donc là c’est vrai que si tu prends des points, ça peut être 5 plus 2 : 7, ce n’est pas pareil… Ni au tableau d’affichage, ni dans la tête des joueurs, mais bon ça fait partie du jeu…

"Bonne chance et bonne route"

Ces 4 années passées à la tête du Stade Français ont quand même été magnifiques, vous avez joué des finales, gagné un titre de champion de France…
On veut toujours plus quand on est un compétiteur. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui on rencontre l’équipe qui avait, pendant 4 ans, joué autant de demi-finales et de finales que nous. Etre bon momentanément c’est une chose, être bon de manière récurrente c’en est une autre. Nous nous sommes battus pour être là, même parfois dans des moments difficiles comme on a pu connaître cette saison, l’équipe a fait preuve de ténacité. Aujourd’hui malheureusement je crois que ça n’a pas été le cas, mais voilà… (soupir) C’est comme ça. Ça passe vite 4 ans ! On ne se rend pas compte. Enfin en conclusion de ces 4 années, ce que je peux dire vraiment, c’est que je me suis bien amusé, et ça a été un grand plaisir. C’est ce que je ressens, là, à l’instant. Même si notre sport devient de plus en plus sérieux à cause des enjeux économiques et de la pression inhérente, honnêtement, si je regarde le côté plus et le coté moins, j’ai pas grand-chose côté moins et j’ai beaucoup de choses côté plus. J’ai beaucoup appris aussi. Beaucoup appris sur moi et sur les hommes aussi en général. Sur les hommes que j’avais à coacher, sur l’environnement, sur le public, qui n’est pas ingrat, bien au contraire. J’ai beaucoup de chance d’avoir passé du si bon temps. Et puis je n’oublie pas mon successeur, d’abord je le félicite pour avoir été nommé à la tête de l’équipe, et je lui souhaite vraiment bonne chance et bonne route.

Est-ce que vous regrettez des choix ?
Non. Tout ce que j’ai fait a été mûri, réfléchi, j’avais prévu de rentrer 7 joueurs. La préparation aussi. On a fait une bonne préparation. Le rugby n’est pas un jeu mécanique, il y a parfois aussi de la psychologie. Je crois que psychologiquement nous avons été un peu fébriles. Et puis, en face il y a une sacrée belle équipe, attention ! Il ne faut pas toujours regretter après une défaite, surtout pas. Je crois qu’il faut surtout ne pas avoir de regrets dans tout ce qu’on fait. Il n’y a pas de vérité dans ce jeu, un jour c’est blanc, un jour c’est noir… Tout a été fait en concertation, en échange…

Est-ce qu’il y a des chantiers qui s’imposent ?
Me concernant, non, j’irai voir le chantier ! (rires) Je ne sais pas qui reste, parce qu’il y a des joueurs qui vont peut-être partir et je ne sais pas qui arrive non plus. Ce que j’ai dit aux joueurs, c’est « next time ». Il y aura une prochaine fois, c’est ça qui est bien.

Vous avez eu le temps de vous voir tout de suite après le match, dans le vestiaire ?
Nous avons un peu parlé, individuellement, mais on n’a pas eu de moments entre nous pour l’instant. Certains étaient désolés, parce qu’ils voulaient faire mieux, mais c’est la vie, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, notamment à ce jeu et notamment quand on joue une demi-finale face aux meilleurs… On a souvent fait ce qu’on voulait, mais pas toujours, pas aujourd’hui.

C’est dur de sortir sur une demi-finale avec une telle ampleur de score ?
Tu prends 3 essais sur des ballons perdus… Je crois que c’est mérité, à la sortie cela fait une belle victoire du Stade Toulousain. Non ce n’est pas dur. Non, parce que c’est le jeu. Leur opportunité, leur talent… Ils ont été plus forts que nous.

Propos recueillis par Krystel Roche