Christophe Dominici : "Solidarité et humilité"
Publié le 07/06/2007 par Mathieu Bahuet

Christophe Dominici a beaucoup de respect pour Clermont. Avant le rendez-vous du Stade de France, l’ailier parisien décrypte le jeu et la saison de l’ASM.


Aurélien Rougerie est-il le principal casse-tête du Stade Français ?
Il n’y a que vous qui avez vu qu’il était bon sur ce fameux essai (rires). On le connaît depuis longtemps. Il a désormais 25 ans, 44 sélections en équipe de France. Cela prouve sa qualité. Au-delà de ce superbe essai, c’est un vrai finisseur, il va très vite, est très costaud, athlétique. La seule petite lacune que le staff de l’équipe de France mettait en avant était sa son positionnement défensif, sa façon d’appréhender les ballons en reculant. Après, c’est un grand joueur. On ne s’imposa pas au plus haut niveau de la sorte sans talent, sans être au-dessus des autres. Il a beaucoup étoffé son jeu et progressé dans tous les domaines, notamment en défense.

De manière générale, les grands joueurs se montrent décisifs dans les grands matchs…
C’est toujours la même chose. Après, c’est encore mieux d’être décisif en finale. A nous de l’empêcher de faire la différence samedi. S’il réédite la performance, Clermont sera champion. A nous de rester bien organisés, de ne pas manquer les plaquages. Et surtout de marquer les points quand ils se présentent, avoir ce soucis constant de l’efficacité. On s’aperçoit que contre Toulouse, Clermont n’est pas bien pendant 55 minutes. Mais un exploit individuel les remet dans la rencontre. A partir de là, la fébrilité a changé de camp et Montferrand n’a plus rien lâché.

« Confiance en leur jeu, leurs hommes et leur système »

Comment essayer de contrer cette équipe de Clermont ?
Il faut rester bien positionnés, de ne pas laisser trop d’espaces. Derrière, ils ont de l’explosivité et de la puissance. Il faut bien glisser en défense, sans trop délaisser ni l’intérieur, ni l’extérieur. Toulouse a raté des plaquages et peut nourrir des regrets mais c’est le rugby que de rater des plaquages. Il faut insister sur la solidarité et surtout l’humilité car cela va être très dur. Si on parvient à reproduire la même performance en défense que contre Biarritz, on aura une chance de les inquiéter.

Quel regard portez-vous sur l’excellente saison de l’ASM ?
Ce ne sont pas les joueurs qui se sont adaptés à l’entraîneur mais ce dernier qui s’est mis au diapason des joueurs. C’est une équipe qui a beaucoup de force sur les extérieurs. Ils utilisent au maximum la largeur du terrain car ils possèdent une excellente charnière avec de très bonnes passes. C’est une équipe complète, redoutable, avec également une bonne mêlée fermée et une conquête performante. C’est une formation compliquée à battre et supérieure à la nôtre à la vue des deux demi-finales. On a essayé à la vidéo cette semaine d’être encore plus consciencieux et appliqués dans nos réflexions.

Quel est ce parfum particulier qui se dégage d’une finale ?
On est sorti premier d’un championnat avec 26 journées, mais sans être sacrés champions de France… Les phases finales, c’es gagner deux matchs de plus. Il nous reste une marche. C’est un état d’esprit complètement différent, un autre regard sur le jeu. C’est le genre de match qu’il faut gagner. J’en ai gagné, j’en ai perdu : c’est un privilège de jouer une finale. Montferrand a déjà gagné le Challenge européen. Ils vont se déplacer, ce qui leur a posé des problèmes par le passé, mais ils le gèrent très bien cette saison. En toutes circonstances, ils ont confiance en leur jeu, leurs hommes et leur système et sont aussi très bien préparés physiquement.

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