Dominici : "Tous dans le même bateau"
Publié le 22/02/2007 par Jean-François Paturaud

Déjà titulaire lors des deux premiers matchs et considéré par l’encadrement comme le capitaine des lignes arrières, Christophe Dominici sera de nouveau aligné samedi face aux Gallois. Impressions.


Christophe Dominici, vous êtes un des sept joueurs, mais le seul ailier, à être titularisé une troisième fois. Comment vivez-vous cela ?
Ça va tellement vite... On peut être capitaine aujourd’hui et être dans les 18 demain. Il y a beaucoup de concurrence au sein de cette équipe de France alors tout le monde travaille du mieux possible. Il y a quatre ailiers qui sont tous titulaires aujourd’hui et qui ont un énorme potentiel. A ce poste il y a beaucoup de responsabilité mais je pense que c’est plus une continuité qu’un poste à assumer.

Aujourd’hui l’expérience et la maturité semblent être des qualités importantes pour être titulaire dans cette équipe de France…
Si il n’y avait que la maturité et l’expérience pour être titulaire, on peut appeler mon père, Jo Maso ou Jean-Claude Skrela (rires). La maturité et l’expérience peuvent être certainement une plus value importante. Mais il y a des choix qui sont faits : aujourd’hui c’est moi. Il y a le « petit » Vincent (Ndlr : Clerc) qui a fait un très bon match, il y a Cédric (Ndlr : Heymans), Roro (Ndlr : Rougerie) était suspendu et sa femme vient d’accoucher. J’ai bénéficié d’un concours de circonstances qui fait que les choix sont faits ainsi. La semaine prochaine ça sera peut-être différent. Un groupe, c’est trente voire quarante bonhommes qui s’entraînent et qui ont tous le même objectif. Nous sommes tous dans le même bateau avec plus ou moins de concurrence selon les postes. Ca va être rude jusqu’au bout. Pour le moment, je n’ai pas eu de blessure et j’ai été privilégié par rapport à cela.

Face au pays de Galles, l’expérience avec le Stade Français face aux Ospreys devrait notamment vous servir…
Le Stade Français ou le Stade Toulousain ont connu les pires difficultés à jouer ces équipes là avec beaucoup de volume de jeu. Il y a deux ans, on avait perdu au Stade de France, on a eu les pires difficultés aussi à les battre à Cardiff. On sait où on va, ça va être compliqué, ce n’est pas parce que l’on a gagné deux matchs à l’extérieur que l’on gagne le Tournoi ou que l’on fait le Grand Chelem. Il faut prendre les matchs les uns après les autres. Il faut voir où l’on se situe par rapport à cette équipe tout en sachant que ce sera un adversaire différent que celui qui a perdu contre l’Ecosse. Les Gallois récupèrent des joueurs importants notamment derrière. On se prépare avec confiance et sérénité mais on ne perd pas de vue notre objectif de remporter ce tournoi, donc cela passe par une victoire.

" Les Gallois sont toujours des adversaires particuliers "

Quels souvenirs gardez vous de la défaite face au pays de Galles en 2005 sur cette même pelouse du Stade de France ?
On avait été stérile, on avait dominé pendant 60 ou 70 minutes et on a manqué d’efficacité en attaque. Contre ces équipes là, il faut distancer l’adversaire au score. Aujourd’hui, le pays de Galles est un peu plus en difficulté que par le passé après deux défaites consécutives. Mais les Gallois sont toujours des adversaires particuliers, avec beaucoup de valeurs et de vertus. Le Tournoi, c’est aussi une saveur particulière où aucune équipe ne lâche. On a vu que les Italiens ont perdu à domicile contre nous et ils ont ensuite failli réaliser l’exploit en Angleterre. Le Tournoi, c’est toujours particulier, c’est éliminatoire, c’est un mini-championnat.

Vous allez retrouver le Stade de France. Est-ce important de mobiliser le public français à quelques mois de la Coupe du monde ?
Je crois qu’on l’a déjà mobilisé. Il y a eu quelque chose de très important qui s’est produit en Irlande avec une fin du match pleine d’enthousiasme et d’euphorie alors que l’on était mené à deux minutes de la fin. Je crois que les gens sont conscients que ça va être un Tournoi difficile et le public français va répondre présent pour ces matchs. Nous avons un match très difficile contre le pays de Galles puis un autre aussi difficile contre l’Angleterre avant de finir par l’Ecosse. Pour le moment, nous avons gagné deux matchs. Au mois de novembre on n’était pas dans la même situation, on avait perdu deux matchs et on recevait l’Argentine avec énormément de pression. Là, c’est le Tournoi et on s’aperçoit qu’en 2003 les Anglais avaient fait le Grand Chelem avant d’être champions du monde. On est bien, le groupe est heureux d’être ensemble. Même les autres joueurs qui n’ont pas la chance de jouer travaillent bien.

Que pensez-vous du Toulonnais Pierre Mignoni qui fêtera sa troisième titularisation consécutive ?
« Pierrot », je l’ai vu arrivé il y a longtemps à Toulon quand il avait 17 ans, je crois. Cela fait un petit moment. C’est bien pour lui, ça prouve que la porte n’est fermée à personne. Je pense que « Pierrot » a mis un peu de temps à s’affirmer à ce poste là. Maintenant il est en concurrence avec Dimitri (Ndlr : Yachvili) mais aussi avec Jean-Baptiste (Ndlr : Elissalde) et d’autres du championnat français. Pierre a l’opportunité de jouer et il saisit sa chance, c’est bien pour lui. Il se repositionne et c’est bien qu’il enchaîne trois matchs de suite. Je suis très heureux pour lui.

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